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Fin de la période de transition MiCA : le grand tri des acteurs crypto a commencé en Europe

markets2026-08-27 · 3 min read · 0 reads

Le 1er juillet 2026 a marqué un tournant discret mais décisif pour l'industrie crypto européenne. La période transitoire permettant aux prestataires d'opérer sans agrément MiCA s'est achevée, déclenchant une vague d'agréments. Le registre européen bondit de 280 à 321 acteurs autorisés. Décryptage.

Il est des dates qui, sans faire les gros titres, redessinent en profondeur un secteur entier. Le premier juillet 2026 fait partie de celles-là pour l'univers des cryptomonnaies en Europe. Ce jour-là s'est refermée une parenthèse réglementaire de plusieurs années, ouvrant une nouvelle ère où seuls les acteurs dûment agréés pourront désormais opérer sur le continent.

La fin d'une parenthèse

Concrètement, cette date correspond à la fin de la période de transition qui avait été accordée aux prestataires de services sur actifs numériques. Jusque-là, ces entreprises pouvaient continuer à proposer leurs services crypto sur le territoire français et européen sans avoir encore obtenu l'agrément prévu par le règlement européen MiCA, bénéficiant d'un délai d'adaptation.

Ce sursis, pensé pour laisser aux entreprises le temps de se mettre en conformité avec les nouvelles exigences, est donc désormais bel et bien terminé. Le couperet est tombé le premier juillet, et le paysage crypto européen ne sera plus jamais tout à fait le même, car la tolérance qui prévalait jusqu'alors a définitivement cédé la place à une obligation stricte.

Fin de la période de transition MiCA : le grand tri des acteurs crypto a commencé en Europe

Une vague d'agréments

La conséquence la plus immédiate de cette échéance s'est traduite par une accélération notable du rythme des autorisations délivrées à travers le continent. L'Autorité européenne des marchés financiers, l'ESMA, a ainsi ajouté douze nouveaux prestataires de services sur actifs numériques à son registre officiel MiCA, signe d'une dynamique qui s'est nettement intensifiée.

Les chiffres traduisent bien cette montée en puissance de la régulation à l'échelle européenne. Le nombre total d'entreprises officiellement autorisées est en effet passé de deux cent quatre-vingts au tout début du mois de juillet à trois cent vingt et une, illustrant à quel point les acteurs du secteur se sont empressés de régulariser leur situation face à la nouvelle donne.

La France, élève rigoureuse

Dans ce mouvement de fond, la France a choisi d'endosser le rôle d'un interprète particulièrement exigeant du règlement européen. Le pays s'est en effet positionné comme l'un des plus stricts dans l'application de MiCA, avec une Autorité des marchés financiers qui n'hésite pas à réclamer un durcissement du cadre pour éviter toute forme de laxisme sur le Vieux Continent.

L'AMF ne mène toutefois pas ce combat en solitaire, mais en s'appuyant sur des alliés partageant la même vision. Aux côtés de l'autorité autrichienne FMA et de son homologue italienne la CONSOB, le gendarme français réclame une supervision renforcée à l'échelle de l'Union et un contrôle accru des activités transfrontalières, afin de contrer les stratégies opportunistes.

La hantise du « jurisdiction shopping »

Derrière cette exigence de fermeté se cache une préoccupation bien précise, connue sous le nom de course au moins-disant réglementaire. L'objectif affiché de ces régulateurs est d'empêcher ce que les experts appellent le jurisdiction shopping, c'est-à-dire la tentation pour certaines entreprises de s'établir dans les pays européens les plus laxistes pour contourner les règles les plus contraignantes.

Cette vigilance illustre l'un des grands défis de MiCA, à savoir garantir une application véritablement homogène des règles d'un bout à l'autre de l'Union. Car un règlement commun ne vaut que s'il est appliqué avec la même rigueur partout, faute de quoi les acteurs les moins scrupuleux pourraient exploiter les moindres différences d'interprétation entre les États membres.

Un marché mûr et confiant

Cet encadrement croissant intervient sur un marché français qui, loin de se détourner des cryptomonnaies, semble au contraire leur accorder une confiance grandissante. Selon un rapport sur l'état mondial de la crypto, dix-huit pour cent des personnes interrogées en France déclaraient posséder des actifs numériques, soit une progression de deux points par rapport à l'année 2022.

Plus révélateur encore, près de vingt-trois pour cent des sondés français affirmaient faire confiance aux cryptomonnaies, un niveau notablement supérieur à celui observé aux États-Unis, où il s'établissait à vingt et un pour cent, ou au Royaume-Uni, avec dix-neuf pour cent. La France conjugue ainsi appétit du public et fermeté réglementaire, un équilibre délicat mais prometteur.

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