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Trente-sept banques européennes derrière Qivalis: le consortium qui veut lancer un stablecoin en euros pour concurrencer le dollar

markets2026-08-19 · 3 min read · 248 reads

Une douzaine de grandes banques européennes, dont la française BNP Paribas, ont fondé Qivalis pour lancer un stablecoin en euros conforme à MiCA au second semestre 2026. Le consortium compte désormais trente-sept banques et veut offrir une alternative européenne aux stablecoins en dollars qui domine

Les grandes banques européennes montent enfin dans le train des stablecoins, et elles le font ensemble. Un consortium baptisé Qivalis, qui réunit notamment la française BNP Paribas, prépare le lancement d'un stablecoin adossé à l'euro, prévu pour le second semestre 2026, avec l'ambition affichée de créer une alternative européenne à la domination écrasante des jetons en dollars.

Un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est arrimée à celle d'une monnaie classique, ici l'euro. Le projet de Qivalis se veut pleinement régulé, conforme au règlement européen MiCA, et destiné avant tout aux usages professionnels des banques et de leurs clients, loin de l'image spéculative souvent associée aux cryptoactifs.

Un stablecoin signé par les banques

À l'origine du projet figurent douze établissements de premier plan: Banca Sella, BBVA, BNP Paribas, CaixaBank, Danske Bank, DekaBank, DZ BANK, ING, KBC, Raiffeisen Bank International, SEB et UniCredit. La présence de BNP Paribas, premier groupe bancaire français, place l'Hexagone au cœur de cette initiative continentale.

La structure elle-même est établie à Amsterdam et sera supervisée par la banque centrale néerlandaise, De Nederlandsche Bank, dans un cadre pleinement conforme à MiCA. Il ne s'agit donc pas d'un projet issu de la sphère crypto, mais bien d'un jeton émis et encadré par des banques régulées, un point qui vise à rassurer entreprises et régulateurs.

Douze fondatrices, trente-sept aujourd'hui

Le succès du recrutement en dit long sur l'appétit du secteur. Après les douze fondatrices, vingt-cinq autres banques ont rejoint le consortium, portant le total à trente-sept participants. Or, comme le souligne ING, plus il y a de banques, plus la liquidité, la distribution et l'adoption du futur jeton sont solides.

Sur le plan technique, Qivalis s'appuie sur le spécialiste des actifs numériques Fireblocks. Ce dernier fournit une plateforme complète couvrant la tokenisation via un standard dédié, la conservation, la gestion de trésorerie ainsi que les outils de conformité, de la lutte anti-blanchiment au filtrage des sanctions et à la surveillance des fraudes.

L'objectif est résolument tourné vers la banque de gros et les paiements. Le futur stablecoin doit permettre des paiements transfrontaliers et programmables disponibles en continu, une meilleure gestion de trésorerie et le règlement d'actifs financiers sur la blockchain, autant d'usages où la lenteur des circuits traditionnels coûte cher aux entreprises.

Face à l'hégémonie du dollar

Le marché des stablecoins reste écrasé par le dollar, alors que les jetons adossés à l'euro pèsent encore très peu. (Image d'illustration)
Le marché des stablecoins reste écrasé par le dollar, alors que les jetons adossés à l'euro pèsent encore très peu. (Image d'illustration)

Le contexte explique l'urgence ressentie côté européen. En janvier 2026, le marché des stablecoins pesait environ 305 milliards de dollars, mais les jetons libellés en dollars en représentaient près de 99 pour cent, tandis que les stablecoins adossés à l'euro plafonnaient autour de 650 millions de dollars seulement.

Le poids de ces instruments ne cesse de croître. En 2025, les volumes de transactions en stablecoins ont atteint quelque 33 000 milliards de dollars, en hausse de 75 pour cent sur un an, signe que ces jetons sortent de l'expérimentation pour s'installer dans la finance quotidienne, presque exclusivement sous une bannière américaine pour l'instant.

Pour les banques européennes, cette dépendance pose un problème de souveraineté. Geert Wijnhoven, directeur technique de la banque de gros d'ING, résume l'enjeu ainsi: la vraie valeur de cette initiative n'est pas la technologie en soi, mais ce qu'elle permet, à savoir une infrastructure commune qui aide les clients à déplacer de la valeur instantanément et à travailler sans friction au-delà des frontières.

Ce que cela change

Si Qivalis tient ses promesses, l'Europe disposerait d'un jeton numérique en euros adossé à des banques régulées, capable de garder une part croissante des paiements numériques à l'intérieur de son propre écosystème plutôt que de la laisser transiter par des acteurs américains comme les émetteurs des grands stablecoins en dollars.

Rien n'est toutefois joué. Le lancement reste soumis à l'approbation des régulateurs et n'est pas attendu avant le second semestre 2026, et le futur jeton devra convaincre face à des stablecoins en dollars déjà solidement installés et massivement utilisés dans le monde entier, ce qui constitue un défi d'adoption considérable.

Les prochains mois diront si ce front commun bancaire parvient à transformer l'essai. Avec trente-sept établissements déjà réunis et une fenêtre de lancement fixée à la fin de l'année, Qivalis apparaît comme la tentative la plus sérieuse à ce jour de doter l'euro d'un stablecoin à la hauteur de son poids économique.

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Hugo Lefèvre
2026-08-19 · 3 min read · 248 reads
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